Aucune loi ne régit la séparation stricte des vêtements selon le genre, mais l’industrie persiste à classer, segmenter, normer. Pourtant, les maisons de couture les plus influentes désignent désormais des collections entières par des termes neutres, bousculant les conventions de présentation et de sélection.
Certains codes stylistiques, autrefois considérés comme marginaux, occupent aujourd’hui les vitrines principales et s’imposent dans les défilés internationaux. Cette évolution entraîne des adaptations concrètes chez les créateurs, les enseignes et les consommateurs, redéfinissant les critères du style contemporain.
La mode non binaire : une révolution dans l’expression de soi
Le vêtement, loin de n’être qu’un simple accessoire, s’impose comme un levier pour repenser les représentations de genre. La mode non binaire ne se contente pas de répondre à la division du marché textile : elle offre à chacun la possibilité d’exprimer son rapport au genre, hors des cadres habituels. Le genre s’avère avant tout une construction sociale, qui ne tient ni de l’apparence, ni du biologique. L’identité de genre et la façon de l’afficher varient, parfois de façon radicale.
La mode a toujours évolué. Marlene Dietrich a osé le smoking et bouleversé les codes. Yves Saint Laurent a proposé, dès 1966, un smoking pour femme, marquant un tournant. Plus récemment, Lil Nas X ou Billy Porter sur les tapis rouges illustrent la pluralité des genres et la liberté créative, à mille lieues des codes binaires. La Gen Z adopte et promeut cette fluidité, poussant le secteur à évoluer.
La mode non genrée ne s’arrête pas à la vitrine : elle interroge nos habitudes, nos valeurs, notre regard sur autrui. Elle multiplie les alternatives, les coupes, les associations inattendues. Aujourd’hui, les exemples se succèdent : Harry Styles pose en robe à dentelle pour Vogue US, Billy Porter s’affiche en robe à épaulettes, et chacun d’eux fait du vêtement un acte engagé.
Voici ce que cela change concrètement :
- La mode remet en cause les normes de genre traditionnelles
- Les tendances non genrées se multiplient, portées par des icônes et la Gen Z
- On assiste au passage d’une mode identitaire à une mode inclusive, où chaque identité trouve sa place
Pourquoi l’inclusivité change la donne dans l’industrie de la mode
L’industrie de la mode ne peut plus ignorer la pression venue de la société. Les marques s’emparent de la mode inclusive et affirment que les vêtements non genrés répondent à une demande réelle, portée notamment par les jeunes générations et amplifiée par les réseaux sociaux. Les collections neutres en genre bouleversent les repères : coupe, matière, façon de présenter les pièces… tout évolue. Les anciens codes masculin/féminin cèdent la place à une créativité affranchie des frontières habituelles.
Les grands défilés s’adaptent aussi. La fashion week donne la part belle aux défilés mixtes chez Balenciaga, Vivienne Westwood, Gucci ou Agnès B. Ces maisons, longtemps garantes d’une tradition, osent aujourd’hui ouvrir leur public à toutes les identités. Côté créateurs, Jeanne Friot, Calher Delaeter ou Sumissura s’imposent en refusant toute étiquette fermée et en normalisant la fluidité des genres.
Les créateurs émergents comme Thomas Monet (Cool T. M) ou les collectifs d’Afterhomework multiplient les propositions innovantes : costumes sur-mesure, streetwear hybride, le tout sans assignation préalable. Stella McCartney, Hockerty, Telfar ou Collina Strada investissent aussi ce terrain, proposant des vêtements pensés pour tous. Un mouvement qui pousse l’industrie à repenser ses bases, de la création à la communication.
Quelles sont les tendances phares de la mode non genrée aujourd’hui ?
Le vestiaire unisexe affirme sa présence bien au-delà du simple rejet des catégories. Les créateurs s’inspirent de multiples univers : style androgyne aux vestes structurées, pantalons larges, chemises fluides, mais aussi robes, sans distinction. Loin de toute neutralité fade, la mode non genrée cultive l’extravagance, l’audace, la surprise. David Bowie brouillait déjà les pistes, Jane Birkin et Tilda Swinton réinventaient le masculin avec panache. Aujourd’hui, la Gen Z se passionne pour la diversité des styles et la liberté de recomposer à sa façon.
Voici les grandes orientations qui se dessinent dans le paysage actuel :
- Style garçonne : héritage des années 1920, lignes droites, silhouette dynamique et peu marquée à la taille
- Style artistique ou bohème : accumulation de matières, couleurs vives, accessoires singuliers
- Style décontracté : sweats oversize, pantalons amples, baskets neutres, priorité au confort
- Style formel revisité : costumes croisés, tailleurs larges, sans distinction de genre
Les tendances couvrent un large spectre, du classique revisité à l’excentrique, du champêtre à l’avant-gardiste. Ludovic de Saint Sernin, Dries Van Noten ou Saint Laurent en témoignent à travers leurs collections. Motifs, textures, volumes : tout s’assemble dans un dialogue créatif sans frontières. La mode non genrée invite à inventer sa propre silhouette, guidé par l’affirmation de soi et l’envie de bousculer les codes établis.
Conseils concrets pour composer des tenues non binaires au quotidien
Composer une tenue non binaire revient à questionner les réflexes vestimentaires. Osez combiner différentes coupes, détourner les volumes, associer pièces dites « masculines » et « féminines ». Tournez-vous vers les vêtements non genrés proposés par des marques comme Jeanne Friot, Telfar ou Hockerty. Une chemise oversize, un pantalon taille basse ou un blazer croisé n’appartiennent plus à un genre mais deviennent des outils d’expression personnelle.
La superposition s’impose comme une technique clé. Variez les matières, juxtaposez une robe et un pantalon, ajoutez une ceinture sur un manteau ou sur un tee-shirt ample. Les accessoires changent la donne : une cravate portée sur un t-shirt, des bottines à plateforme, des bijoux aux lignes marquées. Inspirez-vous de personnalités comme Harry Styles ou Billy Porter, qui brouillent les pistes et revendiquent la liberté de style.
Multipliez les essais, explorez des styles variés. Le style androgyne, bohème, décontracté ou garçonne, chacun peut s’approprier ces univers et les adapter à sa réalité. Par exemple, associer un pantalon droit fluide à une veste structurée, ou glisser une chemise longue sous un pull large, ce sont autant de façons de s’émanciper des stéréotypes de genre.
Un point à ne pas négliger : la question des tailles. Les collections non genrées privilégient des coupes pensées pour toutes les morphologies. Repérez les gammes « gender neutral » ou « unisexe », testez les ajustements, osez les superpositions. La mode non binaire ne cherche pas l’uniformité ; elle s’invente chaque jour, au gré de vos envies et de votre histoire.
Finalement, s’habiller sans se soucier des frontières entre les genres, c’est ouvrir la porte à une créativité sans contrainte. Une garde-robe libérée, c’est autant de possibilités de se raconter, sans jamais s’enfermer.


