Les chiffres ne s’embarrassent pas de diplomatie : trois ans après son lancement, Google sabre son VPN, refermant le rideau sur une promesse de confidentialité qui n’aura pas séduit son public cible. L’annonce a été brutale, sans fioritures, et la stupeur n’a pas tardé à gagner les forums des abonnés.
Google met fin à son VPN : que s’est-il passé ?
Le service VPN Google One s’arrête. En avril 2024, la firme californienne acte la fermeture de ce réseau privé virtuel, à peine trois ans après son lancement. Du jour au lendemain, Google range cet outil dans sa liste des projets abandonnés, rappelant que même les géants du web n’hésitent pas à trancher net lorsque la greffe ne prend pas.
Le concept n’avait pourtant rien de révolutionnaire : une protection très basique et sans effort, pensée pour masquer son adresse IP et sécuriser ses données sur les réseaux Wi-Fi publics. Malgré ce positionnement, la mayonnaise n’a pas pris. Google l’admet : l’adoption espérée n’a jamais vraiment démarré. Beaucoup de clients visaient des services puissants, plus souples, alors que le VPN maison se contentait du strict minimum. La comparaison avec des acteurs spécialisés a tourné court : trop de limites, peu de transparence, l’offre a vite paru en retrait.
Cet arrêt renforce un constat : rien n’est jamais acquis chez les géants de la tech. Le sort de chaque produit dépend d’équilibres stratégiques, rarement de l’intérêt à long terme des utilisateurs. Cette suppression relance un doute ancien : peut-on vraiment s’appuyer sur des solutions propriétaires, dont l’avenir dépend d’arbitrages lointains ?
Pourquoi ce service n’a-t-il pas trouvé sa place auprès des utilisateurs ?
Sur le papier, le VPN Google One promettait simplicité et intégration à l’abonnement. La réalité a été tout autre. Plusieurs obstacles ont refroidi les utilisateurs, expliquant cet échec.
Plusieurs raisons concrètes expliquent ce désintérêt :
- Fonctionnalités rachitiques : pas de choix du pays, ni de sélection de serveurs, fonctionnalités avancées absentes (pas de split tunneling, aucune personnalisation). Face aux standards actuels, le service a clairement manqué d’ambition, laissant la place aux VPN spécialisés bien plus complets.
- Méfiance persistante : la réputation de Google en matière de gestion des données personnelles pèse lourd. Même avec la conformité RGPD affichée et une promesse de non-exploitation de l’historique de navigation, la méfiance demeure. Confier sa vie privée à une société dont le modèle repose sur la donnée ? Beaucoup d’utilisateurs n’ont simplement pas franchi ce cap.
- Transparence limitée : là où d’autres acteurs du marché publient des audits indépendants pour prouver leur politique de non-conservation des données, Google n’a montré aucune preuve éclatante. Dans un contexte où la vigilance sur la vie privée grimpe en flèche, ce flou a joué contre lui.
Au final, le fossé se creuse encore entre des internautes toujours plus attentifs à la confidentialité et une réponse jugée trop minimaliste par Google. Les utilisateurs exigeants n’attendent plus des promesses rassurantes, mais des garanties concrètes et vérifiables sur la protection de leurs données.
Vie privée en ligne : quels changements pour les abonnés Google One ?
La disparition du VPN Google One prive les abonnés d’un rempart, même imparfait, pour leur confidentialité en ligne. Sans cette couche d’anonymisation, les risques augmentent, en particulier sur les réseaux publics ou partagés où la surveillance reste monnaie courante.
Ceux qui avaient tout misé sur ce service intégré découvrent qu’ils vont devoir revoir leur approche. Aucune solution de remplacement n’est proposée par Google : il faut désormais explorer des alternatives. Cela implique d’adopter de nouveaux réflexes avant de choisir un prestataire extérieur :
- scruter la politique de protection des données personnelles de chaque service,
- s’assurer que la promesse no-log tient la route, preuves à l’appui,
- vérifier la présence d’options comme le kill switch ou la protection contre les fuites DNS, devenues incontournables pour préserver la confidentialité.
Pour de nombreux abonnés, cette décision de Google résonne comme un signal d’alerte. Elle met en lumière l’érosion de la confiance envers les grandes plateformes, renforcée par le manque d’explications sur la gestion des logs et des données sensibles.
Un autre enjeu apparaît : naviguer avec Google Chrome ou un autre navigateur sans bouclier expose encore davantage son activité en ligne. Les faux-semblants ne manquent pas : le secteur est régulièrement dénoncé pour ses promesses creuses de confidentialité, tandis que le pistage publicitaire, la collecte commerciale ou la surveillance institutionnelle restent omniprésentes. Le problème ne se limite plus à la sécurisation du réseau : c’est tout le modèle numérique de la vie privée qui est à repenser. L’abandon du VPN Google impose à chacun de faire des choix réfléchis, sans confondre slogans rassurants et réelle protection.
Explorer des alternatives fiables pour protéger sa confidentialité
Plus question d’improviser après la fermeture du VPN Google One. Le choix d’un nouveau fournisseur VPN doit reposer sur une évaluation sérieuse. Bonne nouvelle : le terrain regorge d’options solides, avec des outils à la hauteur des attentes les plus pointues.
Voici quelques acteurs dont la réputation s’est construite sur la rigueur technique et l’investissement dans de véritables garanties de confidentialité :
- ProtonVPN
- NordVPN
- ExpressVPN
- CyberGhost
- Surfshark
Leurs arguments sont bien connus : fonctionnalités avancées (kill switch, split tunneling, protection contre les fuites DNS), audits indépendants, engagement public à ne pas conserver l’historique de navigation. Ce sont ces critères qui doivent guider le choix, et non une simple notoriété marketing.
Critères à examiner avant de souscrire
Avant de s’engager, quelques vérifications s’imposent pour éviter les déconvenues :
- No-log : privilégier les fournisseurs soumis à des audits externes et dont la politique interdit l’enregistrement des historiques.
- Juridiction : la localisation du siège a un impact sur la législation applicable (RGPD, lois locales, etc.).
- Initiatives sectorielles : certains prestataires participent à des démarches volontaires pour améliorer la transparence et la sécurité offerte.
Attention toutefois à la tentation du gratuit : derrière certaines offres alléchantes se cachent parfois des pratiques douteuses, ou des logiciels espions déguisés. Les VPN payants restent, dans l’immense majorité des cas, un choix plus serein grâce à leur infrastructure, leur support et la dispersion des serveurs sur plusieurs continents. La confiance ne s’obtient jamais sur une promesse, mais sur des preuves objectives : audits, réputation, support réactif, tout compte.
Rien n’est jamais figé en matière de vie privée : il s’agit d’une vigilance active, d’une réflexion perpétuelle sur à qui l’on accorde temporairement sa confiance. Le mot de la fin : à l’ère des choix numériques, mieux vaut garder la main sur ses propres clés plutôt que d’attendre une énième promesse de la part d’un géant qui peut, du jour au lendemain, changer les règles du jeu.


